Lycée - enseignement agricole et horticole

CRÉATION D’UN OUVRE PAILLAGE POUR LE MARAÎCHAGE SUR SOL VIVANT

C.Marin – Cametours

Le campus métiers nature de Coutances et la chambre régionale d’agriculture de Normandie s’intéressent de près aux pratiques de ces maraîchers dans le cadre d’un projet européen pour l’innovation co-financé par le conseil régional et l’Europe.

Qui est-ce ?

On ne voit pas toujours de poules, ou de vaches. Mais chez les experts de maraîchage sur sol vivant, on se trouve dans une ferme de polyculture élevage.
– Leur conduite de désherbage, empêcher la lumière d’éclairer le sol.
– Leur stratégie de fertilisation, nourrir la vie du sol.
– Leur cheptel, de prolifiques troupeaux de vers de terre, bactéries et champignons.

H.Marquet – Gavray


Le paillage constitué de pailles, foins et bois de rameaux fragmentés surpasse des épaisseurs de 10 centimètres. Seule la pédofaune mélange à la terre ce mulch dans lequel on plante les cultures légumières. C’est une agriculture de conservation et même de régénération des sols. Le grand public assimile ces pratiques culturales à la permaculture.

C’est bien de la permaculture ?

F.Auriol & S.Falck Montpinchon

C’est d’abord du travail en permanence. L’écrasante majorité de ces maraîchers commercialise en vente directe une production issue d’une exploitation de petite taille et très diversifiée. Plus de la moitié de leur temps de travail est consacré à la récolte et la commercialisation. L’absence de travail du sol, la raréfaction des actions de désherbage allègent les journées des maraîchers qui ont fait ce choix. Mais la manipulation des matières organiques n’est pas complètement mécanisable. Les épandeurs et/ou les pailleuses des éleveurs voisins, outils potentiels pour réduire la pénibilité, peuvent être complétés de lames animées par des moteurs hydrauliques à l’avant de la planteuse. C’est sur les cultures nécessairement semées que la partie se complique (carottes, radis, mescluns…). Après digestion du paillage par le sol sous une bâche, les maraîchers étalent une couche de compost, de pieds de lin ou de menues-pailles pour cacher le sol sur la ligne de semis. Lorsque les plantes ont bien démarré leur croissance, ils ajoutent le paillage entre les lignes.

Pour que tout le monde sème

Le campus métier nature et la chambre d’agriculture vont tenter de mécaniser les semis après paillage. La fonction des bâches se limiterai alors à la destruction des adventices vivaces lorsqu’elles deviennent importantes. Un large panel d’outils existent déjà pour semer dans un couvert végétal en grandes cultures. Mais ceux-ci ne peuvent couper une ligne de semis dans de telles épaisseurs de mulch. Et trancher la paille ne peut suffire. Il faut aussi la resserrer entre les lignes pour dégager un espace dans lequel les germes vont exprimer leurs premières feuilles. L’initiative s’intitule donc « ouvre paillage en MSV ».

Sur l’exploitation horticole du campus métiers nature

Bac pro PH – Coutances

Une parcelle de plusieurs planches est affectée pour tester cette méthode et apprendre les techniques MSV en BTS et Bac pro Productions Horticoles.
Cette parcelle sera utilisée pour effectuer les premiers pas des différents prototypes construits par les étudiants, avant de les mettre à l’épreuve chez nos maraîchers partenaires.

A propos de MSV :
Crée en 2012, reconnue en 2017 Groupement d’Intérêt Économique et Environnemental (GIEE) et Groupe Ecophyto “DEPHY Ferme”, cette association place la macrofaune et la microfaune du sol au cœur du système de culture.

Un outil en ressource libre

Les technologies expérimentées pour cette innovation seront envisagées par un comité de pilotage dans lequel maraîchers, conseillers de la chambre d’agriculture, équipe pédagogique, spécialistes en ergonomie au sein de la MSA confrontent leur lecture de la problématique. Les prototypes seront construits en cours d’agroéquipements dans les classes de BAC STAV. La finalité est de partager les plans des tentatives les plus convaincantes.
Couper les deux bords de la ligne de semis puis extirper la paille de la ligne de semis, couper seulement le milieu et ouvrir ou encore lever tous le paillage pour le reposer en micro-andains… et avec quels organes ?
Aucune idée n’est écartée, faites nous part de votre inspiration !


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